L'aluminium : toutes les enquêtes, toutes les études
Ce que les autorités ont mesuré, ce qu'elles en concluent, et ce que les chercheurs ont trouvé. Ceux qui alertent et ceux qui rassurent, côte à côte. Chaque document s'ouvre à sa source.
Prouvé : l'aluminium est toxique pour le cerveau quand les reins ne l'éliminent plus. C'est l'encéphalopathie des dialysés, décrite dès 1976.
Discuté : plusieurs études, dont la cohorte française PAQUID, trouvent plus de démences au-dessus de 100 µg/L dans l'eau. Les autorités sanitaires jugent la cause non établie.
Mesuré en France : en 2014, environ 2,36 millions de personnes ont reçu au moins une fois une eau au-dessus de 200 µg/L.
6alertent
4restent prudentes
1rassurent
Aucun document ne correspond. Essayez un autre mot, ou « Tout ».
🇫🇷 En France
L'enquête nationale du ministère, les évaluations de risque, et les territoires les plus touchés.
🇫🇷 France · Ministère de la Santé (DGS) · 2017Enquête de terrain
En 2014, 3,8 % de la population (environ 2,36 millions de personnes) a reçu au moins une fois une eau au-dessus de 200 µg/L, et environ 240 000 personnes au-dessus de 1 000 µg/L. Plus de la moitié vivent en Guadeloupe, en Martinique ou en Guyane. Les dépassements touchent presque uniquement les eaux traitées aux sels d'aluminium.
🇫🇷 France · Afssa, Afssaps, InVS · 2003Évaluation de risque
Le rapport de référence en France. Le lien de cause à effet avec la maladie d'Alzheimer n'est pas retenu, alors que la cohorte française PAQUID associait une eau au-dessus de 100 µg/L à plus de démences.
Dose tolérable : 1 mg par kilo et par semaine, « probablement dépassée dans une part importante de la population européenne ». Les tout-petits les plus exposés atteignent 2,3 mg.
🇪🇺 Union européenne · EFSA · 2020Évaluation de risque
Pas de valeur guide sanitaire. Niveaux atteignables : 0,1 mg/L au plus dans les grandes usines, 0,2 mg/L dans les petites. Une valeur sanitaire d'environ 0,9 mg/L pourrait être calculée.
🌐 Monde · FAO et OMS (JECFA) · 2011Évaluation de risque
Moyenne de 0,54 mg/L, maximum 0,84. La dose tolérable est dépassée à tous les âges, surtout chez les nourrissons. Concentration tolérable calculée pour un nourrisson : 0,08 mg/L, soit 80 µg/L.
Toutes sources confondues, les 11 à 14 ans atteignent jusqu'à près de 5 fois la dose tolérable européenne ; nourrissons, tout-petits et plus de 14 ans jusqu'à 3,5 fois.
🔬 Les études scientifiques
Publiées dans des revues à comité de lecture. Le badge dit leur position : alerte, prudence ou rassurant.
Alfrey et al. · 1976 · New England Journal of Medicine⚠️ Alerte
Chez les dialysés morts du syndrome, 25 ppm d'aluminium dans la matière grise, contre 6,5 chez les autres dialysés et 2,2 chez les témoins. La toxicité de l'aluminium pour le cerveau des insuffisants rénaux est établie.
Rondeau et al. (cohorte PAQUID) · 2000 · American Journal of Epidemiology⚠️ Alerte
Cohorte, 2 698 personnes suivies 8 ans · France (Gironde, Dordogne)
Au-dessus de 0,1 mg/L d'aluminium dans l'eau : risque de démence multiplié par 1,99 et d'Alzheimer par 2,14. Pas de relation dose-effet. La silice semble protéger.
Rondeau et al. (cohorte PAQUID) · 2009 · American Journal of Epidemiology⚠️ Alerte
Cohorte, 1 925 personnes suivies 15 ans · France (sud-ouest)
Un apport d'aluminium par l'eau d'au moins 0,1 mg par jour va avec un déclin cognitif plus rapide et un risque de démence plus élevé. Chaque 10 mg de silice par jour en plus abaisse le risque.
Exley et Esiri · 2006 · Journal of Neurology, Neurosurgery and Psychiatry⚠️ Alerte
Après la pollution de 1988 (environ 20 tonnes de sulfate d'aluminium dans le réseau), une habitante présente 23 µg/g d'aluminium dans le cortex, contre 0 à 2 habituellement. Les auteurs ne concluent pas à une causalité.
Exley et Vickers · 2014 · Journal of Medical Case Reports⚠️ Alerte
Chez 20 donneurs sans maladie, plus de 80 % des échantillons sont sous 1 µg/g. Les taux sont nettement plus élevés dans l'Alzheimer, la sclérose en plaques et l'autisme.
Gauthier et al. · 2000 · Environmental Research🔎 Prudence
Aucune preuve « cohérente et convaincante » d'un lien entre l'aluminium de l'eau ou de l'alimentation et l'Alzheimer, aux doses courantes en Europe de l'Ouest et en Amérique du Nord.
À relire avant d'entrer dans la liste : Martyn et al. (Lancet 1989 : risque d'Alzheimer environ 1,5 fois plus élevé là où l'eau est la plus chargée en Angleterre et au pays de Galles), puis Martyn et al. (Epidemiology 1997 : aucune association) ; McLachlan et al. (Neurology 1996, Ontario : risque multiplié par 1,7 au-dessus de 100 µg/L) ; Forbes et al. (Ontario, 1991 à 1996) ; Flaten (2001) ; Wang et al. (2016) ; Soleimani et al. (2025). Ces références sont citées par Santé Canada ; nous n'avons pas encore pu relire leur texte, elles entreront dans la liste dès que ce sera fait.