Dossier en cours de vérification. Les valeurs ci-dessous sont issues des référentiels professionnels mais n'ont pas encore été relues une à une dans le texte officiel en vigueur. Les plus incertaines portent leur marque. Rien ici n'est présenté comme définitif.
Un centre de dialyse ne reçoit pas une eau spéciale qui arriverait d'ailleurs. Il branche le réseau public, la même eau que votre cuisine, et lui applique une chaîne de purification. Voici les huit étapes.
La vôtre, potable et conforme
Particules retenues
Calcium et magnésium retirés
Chlore et chloramines retirés
Souvent en double passage
Ions résiduels
Pour l'eau ultrapure
Distribution désinfectée
Le geste central est une osmose inverse. Quand la médecine veut une eau sûre pour un corps qui ne peut plus se défendre, elle ne cherche pas une autre source. Elle prend l'eau du robinet et elle la passe sur membrane.
Combien de fois le seuil toléré au robinet est plus haut que celui exigé pour l'eau de dialyse. Le troisième chiffre est celui des eaux embouteillées portant la mention nourrissons, quand elle existe.
Sur le sélénium, la dialyse admet davantage que l'eau du robinet. Environ 90 µg/L contre 20. Nous l'affichons parce qu'un dossier qui ne montre que ce qui l'arrange finit toujours par être démonté.
L'explication tient en une phrase : les deux listes ne sont pas construites de la même façon. Celle de la dialyse fixe un seuil par contaminant selon sa toxicité dans ce contexte précis, elle ne recopie pas la liste de l'eau potable. Le sélénium est un oligoélément essentiel, peu problématique à ces doses pour ce type d'exposition.
Ce contre-exemple ne casse pas la démonstration. Il montre que ces deux référentiels répondent à des questions différentes, et c'est exactement ce que ce dossier dit depuis le début.
Les deux listes ne se recouvrent pas. Les trous sont instructifs.
Parce que l'osmose inverse en amont est réputée les retenir. La liste dialyse ne surveille que ce qui pourrait passer.
Les endotoxines sont inoffensives quand on les boit. Au contact du sang, elles provoquent fièvre et inflammation.
La dialyse compte les nitrates en azote, l'eau potable les compte en ion nitrate. Ce ne sont pas les mêmes unités.
2,0 mg/L en azote vaut environ 8,9 mg/L en nitrate, facteur de conversion 4,43.
L'écart réel entre robinet et dialyse est donc d'environ 5,6, et non de 25 comme on pourrait le croire en posant 50 à côté de 2. Afficher un facteur 25 serait une faute grossière.
Dans les années 1970, l'aluminium présent dans l'eau de dialyse a provoqué des encéphalopathies souvent mortelles et des atteintes osseuses graves chez les patients.
Le seuil n'est pas une précaution théorique : c'est une leçon payée cher. Référence fondatrice : Alfrey, LeGendre et Kaehny, The dialysis encephalopathy syndrome, New England Journal of Medicine, 1976.
La voie. En dialyse, l'eau touche le sang à travers une membrane, sans barrière intestinale. Un nourrisson, lui, boit.
Le volume. Plusieurs centaines de litres au contact du sang par séance, contre une fraction de litre bue dans la journée.
L'élimination. Le dialysé n'élimine plus par le rein.
La nature de l'eau. Celle de dialyse est déjà traitée, ce n'est pas une eau de réseau. Comparer les deux comme deux eaux de même nature serait malhonnête. Comparer les exigences que la société pose selon la fragilité du corps, c'est légitime, et c'est tout ce que cette page fait.
Par ordre de fragilité, du plus incertain au plus sûr :
1 la monographie 1167 de la Pharmacopée européenne.
2 les critères nourrissons de l'arrêté du 14 mars 2007, notamment le seuil fluor.
3 le texte français porteur des valeurs 2026 et leurs dates d'application.
4 la norme ISO 23500-3, unité des nitrates.
5 le statut du baryum, de l'argent et du zinc au robinet.
Tant qu'un point reste ouvert, le chiffre correspondant garde sa marque et ne se présente pas comme acquis.
Elle ne dit pas que l'eau du robinet est dangereuse. Elle montre que la société resserre ses seuils à mesure que le corps devient fragile, et que la technique employée pour y parvenir est l'osmose inverse.
Reste alors une question, et une seule. Un nouveau-né de trois kilos, qui boit six biberons par jour avec des reins qui ne savent pas encore filtrer, c'est un corps fragile, ou pas ?